Compte-rendu de la rencontre
Son parcours
Bruno Caron a mis en avant avec humour la place que le hasard a joué dans son parcours professionnel : "j'aimais beaucoup le monopoly mais je ne crois pas que ça suffisait". Cependant il nous a également montré que sa vie professionnel actuelle, ses choix d'orientation ont été motivés par une ambition principale : celle d'atteindre une certaine liberté. Ainsi, il caractérise le business comme un "espace de liberté" où on peut déterminer par soi-même le trajet d'une entreprise.
Son parcours artistique a, quant à lui, débuté tardivement : c'est en effet à l'âge de 40 ans que Bruno Caron commence à s'intéresser à l'art à travers les galeries qui sont pour lui des médiateurs entre les artistes et le reste de la population. De plus, il met en évidence que les "qualités qu'il faut pour être un bon gestionnaire ne sont pas les mêmes que pour être un bon créatif" et se qualifie ainsi de "gestionnaire besogneux" pour montrer qu'il n'est pas artiste lui-même et que la collection, la découverte d'oeuvres d'art lui permet alors de retrouver le côté créatif qui lui manque.
Son rapport à l'art
Tout d'abord, Bruno Caron a expliqué pourquoi il avait choisi d'être collectionneur et pas simple amateur d'art. Il reconnaît alors que la collection n'est pas forcément nécessaire, que c'est une "passion un peu perverse" qui exprime un besoin de posséder mais il montre qu'on observe la même chose pour les autres passions. Sa collection n'a pas de logique particulière hormis le fait qu'il choisisse toujours des oeuvres qui ont un qualité esthétique et un sens dans le déroulement de l'art contemporain.
Il s'intéresse plus particulièrement à l'art contemporain car il reflète la société avec un temps d'avance sur nous or en tant que chef d'entreprise, il a toujours de besoin de l'évolution de son environnement de manière à prendre des décisions. L'art contemporain peut ainsi donner des indications en tant que miroir du monde. De plus, il insiste sur l'accessibilité de l'art contemporain : "tout le monde peut s'y intéresser". L'art contemporain est selon lui à la portée de tous autant au niveau matériel (l'art est dans la rue..) qu'au niveau intellectuel car chacun peut voir les oeuvres avec son prore niveau de connaissance de l'art.
Le lien entre entreprise et art
Pour lui, l'entreprise ainsi que les collectionneurs privés en tant que mécènes ont un rôle très important dans le domaine artistique. De plus, il considère que les entreprises qui refusent de s'impliquer dans la société en tant que mécènes ou par un autre moyen se coupe de celle-ci. Enfin, il a insisté sur une différence d'ordre budgétaire entre sponsoring et mécénat : l' Etat rembourse une partie des dépenses pour des actions de mécénat alors qu'il ne le fait évidemment pas pour le sponsoring. il y a donc une incitation considérable de l'Etat spécifique à la France.
La biennale
Bruno Caron a choisit de réaliser une biennale plutôt qu'un musée car cette manière de procéder présente un côté "plus évènementiel , plus dynamique" et que cela permet de revenir tous les deux ans à l'actualité de la question de l'entreprise. Il insiste par ailleurs sur la différence qui existe entre le projet de la biennale et la direction de son entreprise. Le projet de la biennale est en effet un projet où on il n'y a pas de cadre précis et qui appartient à "un univers un peu créatif". C'est une expérience alors que dans une entreprise on prend des risques.
Le thème général de la biennale est le rapport entre l'art et l'économie. Cette année, le sujet abordé est la création de valeur. Bruno Caron rappelle alors qu'il a un parallèle à faire entre la création de valeur immédiate par l'artiste et celle de l'entreprise. Ce thème a été choisit par Art to be qui a remporté le concours pour deux éditions, c'est également Art to be qui choisit les artistes.
L'expérience de la biennale sera une réussite, un succès si on pourra dénombrer 30 000 visiteurs. Mais Bruno Caron explique qu'il y a aussi d'autres critères. Ainsi, il aimerait que la population reconnaisse que c'est une initiative importante et intéressante. Pour que la biennale soit réussie, il faut qu'on lui reconnaisse un sens et par la même occasion qu'on reconnaisse l'action de son entreprise : "on est très contents d'intervenir sur le champ de l'intérêt général et on attend en retour un enrichissement de l'image, c'est un espèce d'aller-retour".
Ses conseils
Pour faire un parcours enrichissant, Bruno Caron nous a expliqué qu'il était important de ne pas saturer le regard et de "laisser le temps de parler des choses que l'on a vu". Pour lui, de la même façon que durant une visite de musée, le plus intéressant est les discussions, la réflexion qui découle de l'observation d'une oeuvre.
Enfin, la rencontre s'est clôturée sur un avis relatif à notre évolution professionnelle : "il est très important de se mettre dans une démarche où on réussi, il faut se fixer des objectifs que l'on a de grandes chances de réussir. Le fait de réussir cette chose vous donne confiance et vous permet de refaire quelque chose de similaire. Il faut se rentrer dans une dynamique de réussite."
Dernière mise à jour de cette rubrique le 23/05/2008